Danse, Musique D'Aujourd'hui Spectres Cie Grenade / Josette Baïz & le Quatuor Béla

  • Dimanche 27 Novembre

Quatuor Béla tarif B Le Grenat 1h Coup de Coeur Festival Aujourd'hui Musiques [Complet] Cœur De Pirate

Féerie de chants suspendus

 

Si les pièces de danse avec musiciens sur le plateau sont légion et toujours intéressantes, l’échange atteint ici une qualité inédite. Jamais les musiciens ne s’installent dans une position d’accompagnateurs. Ils produisent autant de surprises scéniques que les danseurs,  participent à des unissons, des respirations chorales et des danses de couples. Ils se font assaillir et assument des portés et des moments de séduction ou de désir. Aussi, la danse partage ici avec les musiciens bien plus que le plateau. DANSER CANAL HISTORIQUE

Avec le Quatuor Béla, réuni autour du désir de défendre le fabuleux répertoire musical du XXème siècle, la Compagnie Grenade élabore un projet métis où la danse et la musique sont étroitement impliquées dans une même recherche, placé sous la figure tutélaire – aussi évocatrice que fascinante – du fantôme. Cette chorégraphie est portée par des musiques de Britten, Kurtag, Oswald, Schnittke et Crumb.
Les danseurs se glissent subrepticement dans la peau d’esprits mélancoliques et facétieux qui nimbent la soirée de magie et d’extravagance. Surgissements de moments mystérieux et de respirations aussi étranges qu’humoristiques. La mise en scène joue d’effets de lumière comme les ombres portées et les contrejours crépusculaires pour créer une atmosphère surnaturelle.

Une pièce dans laquelle musiques et mouvements sont des outils pour chacun des interprètes. Une bouffée de jeunesse, de talent et d’énergie.

 

La presse en parle

Baïz n’est pas du genre à se prendre pour un auteur et à chorégraphier pour trois danseurs. Elle aime le nombre,la danse et l’élan. Sur scène, en blanc, sept danseurs, aussi éclatants de jeunesse. En noir, les quatre merveilleux musiciens du quatuor Béla qui jouent Oswald, Kurtag, Crumb, Britten ou Schnittke. La chorégraphe règle un jeu serré entre danseurs et musiciens qui se renvoientla musique et les pas avec tant de plaisir et de délicatesse qu’on se demande qui va faire surgir quoi.  Ariane Bavelier, Le Figaro

 

► Rencontre avec les artistes

Vous êtes en quelque sorte l’initiatrice de Spectres. Comment définiriez-vous ce projet ?
Josette Baïz. : Le thème du spectre m’est venu après avoir assisté à Fantôme, un léger roulement, et sur la peau tendue qu’est notre tympan de Benjamin Dupré, programmé au Carré, festival 2015. Les danseurs n’avaient encore jamais exploré ce thème, et moi non plus en tant que chorégraphe. Je l’ai donc soumis au Quatuor Béla qui a accepté. Nous avons relu des textes littéraires, d’Henry James, Maupassant, Poe et Wilde notamment, et revu des films abordant ce sujet. À la suite de ces recherches, le Quatuor Béla m’a proposé des musiques contemporaines, de George Crumb, John Oswald, Benjamin Britten, György Kurtág et John Cage entre autres, très éloignées de mon quotidien, qui est plutôt compris entre Mozart et Stravinski, mais ce parti pris d’un répertoire extrêmement pointu m’a plu.
Quatuor Béla : Les extraits littéraires nous ont nourris mais dans le spectacle, il n’y a pas de narration. Le lien entre musique et danse est direct. Cela permet d’aller où les mots ne vont pas. Ces textes nous ont aidés à définir la notion de spectre même si celle-ci, dans la littérature, demeure très large.

Comment le choix des musiques s’est-il fait ?
J.B. : Au fur et à mesure, car tout est question d’équilibre. Les morceaux sont choisis les uns par rapport aux autres : après Black Angels de George Crumb, la musique de Britten nous semblait trop paisible ; Microludes de György Kurtág a ainsi été intercalée au cours des répétitions.
Q. B. : Notre ensemble se consacre à la création contemporaine ainsi qu’à la musique du XXe siècle, un répertoire moins largement diffusé. Nous avons souhaité attirer Josette Baïz, et plus généralement le public, vers ces terrains hostiles mais non moins fertiles, car ces musiques conviennent, selon nous, idéalement au thème du spectre. Le fantôme, c’est le surmoi, le revenant, l’esprit malfaisant, et nous croyons que les musiques que nous défendons avec le Quatuor Béla portent en elles un décalage, celui qui existe entre le quatuor, forme la plus aboutie de la tradition classique occidentale, et ce répertoire souvent aux confins de l’expérimentation. Aux côtés de John Oswald, George Crumb, György Kurtág et Alfred Schnittke, seul Britten fait figure d’ancêtre dans notre sélection. Nous l’avons retenu car il a composé cette magnifique histoire de fantômes qu’est Le Tour d’écrou, d’après une nouvelle d’Henry James. Sa musique est apte à convoquer les esprits, elle a quelque chose de très tonal, de néoclassique, d’ancré dans la tradition, tout en étant teintée d’une certaine étrangeté, là où l’on ne l’attend pas.

Le quatuor Béla a-t-il déjà collaboré avec des danseurs ?
Q. B.
: C’est une première mais cette expérience nous faisait très envie. Nous sommes chanceux car, dans ce genre de spectacles, les musiciens sont souvent cantonnés à rester immobiles sur le plateau. Or ici, la mobilité et l’échange sont au coeur du projet, si bien que nous dansons même à deux reprises dans le spectacle !
J.B. : Il me semblait en effet intéressant de ne pas faire un concert dansé. S’il n’y a pas de narration, il y a en revanche une dramaturgie car la représentation est vue comme le cauchemar des musiciens. Au départ, les spectres étaient incarnés par l’ensemble des protagonistes mais il a fallu privilégier davantage d’ambivalence et la musique s’est, dès lors, confrontée aux spectres incarnés par les danseurs. Ces derniers, à un moment, obligent même les musiciens à arrêter de jouer.

Pour Spectres, Josette Baïz, quel type de chorégraphie proposerez-vous ?
J.B. : Le spectre se trouve dans une configuration à double tranchant, une sorte d’espace non défini dans lequel il est coincé. Il devient donc assez vite agressif : les danseurs interprètent ainsi Black Angels de George Crumb les pieds collés sur un socle – une position redoutable pour un danseur –, afin de traduire cet espace fermé et circulaire. Les spectres ne peuvent pas s’échapper tant que le rêve n’est pas cassé. Seuls certains passages musicaux leur permettent d’en sortir mais pour mieux se retrouver enfermés ailleurs. Le langage chorégraphique de spectres reflète donc cette violence car l’objet du spectacle a trait à la restriction d’espace, à cette énergie négative que nous portons en chacun de nous.

Propos recueillis par Anne Le Nabour le 4 mai 2015 Festival d’Aix en Provence

direction artistique Josette Baïz
chorégraphie Josette Baïz et Cie Grenade
interprètes Cie Grenade / Brian Caillet, Aurore Indaburu, Axel Loubette, Géraldine Morlat, Sinath Ouk, Rafaël Sauzet, Anthony Velay
direction musicale Quatuor Béla, violon Frédéric Aurier,
alto Julian Boutin, violoncelle Luc Dedreuil, violon Julien Dieudegard
scénographie et lumière Hervé Frichet / régie son et sonorisation Émile Martin
costumes Julie Yousef, Josette Baïz
régie générale Hervé Frichet et Nicolas Fernandez
habillage Sylvie Le Guyader

Production Cie Grenade - Josette Baïz et Quatuor Béla. Co-production Festival de Marseille – Danse et arts multiples, Festival d’Aix-en-Provence 2015, Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai et Bois de l’Aune – Aix-en-Provence / Communauté du Pays d’Aix. Avec le soutien de l’ADAMI, société des artistes-interprètes, du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône – centre départemental de création en résidence, du GMEM-CNCMMarseille, de KLAP – Maison pour la Danse, du Théâtre de la Criée et de l’association Watata. Ce programme reçoit l’aide de Musique Nouvelle en Liberté. Le Quatuor Béla est conventionné par le conseil départemental de la Savoie. Il reçoit l’aide à la structuration de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de la SACEM, de l’ADAMI, de la SPEDIDAM, de Musique Nouvelle en Liberté, de l’ONDA. Il est adhérent du Bureau Export et de Futurs Composés. La Cie Grenade est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication – DRAC PACA. Subventionnée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, le Conseil régional PACA, la Ville de Marseille et la Ville d’Aix-en-Provence.

Billetterie en ligne N’hésitez jamais à contacter la billetterie au 04 68 62 62 00 :
- Pour vérifier la disponibilité même si la vente en ligne annonce complet.
- Pour vérifier si vous pouvez obtenir un autre choix de siège
- Pour acheter une place à un tarif autre que Plein Tarif

Séances
Dimanche 27 Novembre 18H00

Programme de salle

#Danse #Aujourd'hui Musiques #Musique #Musique D'Aujourd'hui